Updated 10/07/20

Améliorer la santé des populations du Sud, tel est l’objectif général des unités impliquées dans la thématique Santé et sociétés. Leurs activités sont étroitement liées aux enjeux prioritaires de la santé mondiale et de l’impact des changements globaux (climatiques, démographiques, environnementaux et sociétaux).

Elles prennent aussi en compte la nécessaire refonte des systèmes de santé et de leur financement, de même que les défis posés par les nouvelles menaces sanitaires ou les phénomènes comme la résistance aux anti-infectieux et aux insecticides.

Elles s’inscrivent pleinement dans la stratégie de la France en matière de santé globale et revendiquent une approche One health faisant appel à de fortes interactions pluridisciplinaires. Ainsi, les interactions santé/environnement au sens large (biodiversité, changement climatique, système alimentaire) et systèmes politiques et sociaux représentent un axe de recherche transversal et fédérateur.

Par ailleurs, les recherches se tournent désormais vers les maladies chroniques au Sud en raison de leur progression extrêmement rapide en lien avec la transition épidémiologique qui s’y opère.

Cinq enjeux pour cinq ODD (Objectifs de Dévolppement Durable)

  • Maladies transmissibles : contrôler/éliminer les agents infectieux et/ou prévenir leur émergence

    Selon les agents infectieux, les défis s’articulent entre contrôle/élimination et prévention de l’émergence :

    • Pour les maladies dites de la pauvreté (SIDA, tuberculose, paludisme) et certaines maladies tropicales négligées, l’objectif est celui de l’élimination ou du contrôle. La chronicisation de certaines infections comme le SIDA renvoie cependant aux questions de la prise en charge des maladies chroniques.
    • L’émergence chez l’homme de maladies infectieuses très souvent d’origine animale nécessite des stratégies de prévention et de réponse au risque pandémique. Ce risque est rendu universel par l’expansion des insectes vecteurs et la mobilité, via la mondialisation, des hôtes et des pathogènes.
    • La prévention de l’émergence de résistances aux composés anti-infectieux est également devenue un enjeu mondial.

     

  • Maladies non transmissibles : combattre l’accroissement rapide des maladies dites « de civilisation »

    Les maladies dites « de civilisation » (maladies cardio-vasculaires, diabète, cancers, maladies dégénératives, …) prennent une place de plus en plus importante dans les pays du Sud.


    En effet, en raison du développement économique, de l’amélioration de l’hygiène, de l’alimentation et de l’organisation des services de santé, la mortalité infantile diminue entraînant un vieillissement des populations (transition démographique) et une transition épidémiologique : le poids des maladies infectieuses diminue progressivement au profit des maladies chroniques et dégénératives. Dans les pays à ressources limitées, l’émergence des maladies chroniques non infectieuses s’accompagne de facteurs aggravants spécifiques : insuffisance de formation des personnels de santé, mécanismes de financements inadaptés, infections virales chroniques, exposition à des toxiques, etc.De plus, les contaminants environnementaux, encore mal connus, représentent un risque sanitaire de plus en plus important.

     

  • Nutrition : lutter à la fois contre les maladies de carences nutritionnelles et les pathologies liées à la surcharge pondérale

    Dans les pays du Sud, les maladies de carences coexistent avec les pathologies de surcharge. Les recherches, nécessairement pluridisciplinaires, se focalisent particulièrement sur le tout début de la vie (femmes en âge de procréer, croissance fœtale et petite enfance), période où interviennent des interactions entre phénomènes inflammatoires, d’origine infectieuse ou non, et carences nutritionnelles, ayant des répercussions sur le développement de l’obésité et des maladies chroniques à l’âge adulte.


    Les recherches menées s’attachent à étudier les déterminants de ces pathologies, notamment en termes d’environnement alimentaire, à trouver des solutions techniques (formulation d’aliments améliorés, par exemple), et à mettre au point et évaluer des stratégies de lutte contre la malnutrition sous toutes ses formes.

  • Favoriser une vie sexuelle et reproductive sans risque

    Le droit à mener une vie sexuelle et reproductive sans risques reste un enjeu de santé majeur pour les pays en développement, et le lieu de fortes inégalités de genre. La mortalité maternelle autour de la grossesse demeure en particulier très élevée sur le continent africain, malgré une diminution drastique dans certains pays. Dans de nombreux pays, le suivi prénatal et l’accouchement médicalisé sont insuffisants, et il existe de fortes disparités d’accès à la planification familiale, d’où des grossesses non désirées et des avortements à risque.

  • Étudier les pratiques, évaluer les interventions, renouveler les approches dans le cadre des politiques de santé

    Les politiques de santé sont un aspect majeur de la santé publique tant elles influencent le fonctionnement des systèmes de santé. Ces derniers sont en effet sous pression dans la grande majorité des pays du Sud et l’égalité d’accès aux soins passe par l’instauration de politiques de financement permettant d’instaurer, autant que faire se peut, une couverture santé universelle. L’étude et l’évaluation de ces systèmes et des politiques qui les sous-tendent sont indispensables pour prendre en compte la question du soin au sens large. Les recherches menées participent aussi à renouveler certaines approches : il s’agit d’appréhender les rapports sociaux et les transformations sociales qui agissent sur les inégalités, par exemple celles de genre, et de développer davantage de recherches participatives.

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