La soutenance de thèse de Soushieta Jagadesh en Sciences de la Vie et de la Santé, intitulée "Biogéographie des maladies infectieuses émergentes" se tiendra le lundi 19 octobre 2020, à 9:30, à l'amphithéâtre A de l'Université de Guyane à Cayenne.

  • Directeur de thèse : Rodolphe Elie GOZLAN, Directeur de Thèse, (IRD (UMR ISEM), Université de Montpellier, CNRS, EPHE, Montpellier, France
  • Mathieu NACHER, Co-Directeur de Thèse, Centre d’investigation clinique (CIC Inserm 1424), Centre hospitalier Andrée Rosemon, Cayenne, Guyane française

 

 

Résumé

1. Transmission et échange des microbes parmi la faune; 2. Changements environnementaux provoqués par l'homme augmentent l'exposition de la faune et donc des microbes aux humains; 3. Utilisation des satellites permet de prédire les infections chez l'homme

© IRD / S. Jagadesh

La récente pandémie de Covid19 nous rappelle, si cela était encore nécessaire, que la propagation des maladies infectieuses ignore les frontières géographiques. Les changements combinés de biodiversité locale et l’utilisation des terres, l’augmentation de la connectivité internationale par le transport et le commerce ainsi que la menace imminente du changement climatique a accru le risque d’Emergence et de réémergence des Maladies Infectieuses (EMI). Jusqu’à présent la réponse des politiques de santé publique a été la surveillance passive sans toutefois s’avérer réellement efficace dans la prévention et le contrôle des épidémies. Le choix qui a été fait ici est celui d’une nouvelle approche anticipative, par identification des zones à haut risques d’EMI en se basant sur la détection des facteurs environnementaux les plus favorisant. Parmi ces facteurs on trouve la conversion des terres, la diminution drastique de la biodiversité ou encore le changement climatique.  Ainsi la méthode biogéographique a permis d’étudier et d’analyser les EMI à travers différents groupes de taxons de pathogènes comme les bactéries, les virus, les protozoaires et les champignons. L’étude a été portée globalement, ainsi que localement, en Guyane Française, un territoire français d’outre-mer situé en Amérique du Sud. Dans les deux cas, à travers les différents groupes de pathogènes, les risques d’inondation, les récentes conversions de parcelles de forêts en terres agro-minières et l’augmentation du minimum de température due au changement climatique se sont avérés être des facteurs significatifs dans l’émergence globale et locale des maladies infectieuses étudiées.

Les principaux résultats de cette thèse sont les suivants :


1.  Une approche biogéographique de modélisation de la distribution des EMI en utilisant les bases de données existantes sur les cas cliniques, l’imagerie satellite et un modèle statistique non conventionnel est efficace pour détecter précocement les régions à risque, permettre d’améliorer la prévention, et contrôler leur diffusion.


2.  Il est possible d’anticiper les EMI en identifiant et en gérant précocement les facteurs favorisant ayant un lien direct avec l’anthropisation de l’environnement.

Membres du jury

  • Maylis DOUINE, HDR, médecine générale, Centre hospitalier Andrée Rosemon, Cayenne
  • Benjamin ROCHE HDR, directeur de Recherche IRD, MIVEGEC, Montpellier
  • Pierre COUPPIE, PUPH, HDR service de dermatologie, Centre hospitalier Andrée Rosemon, Cayenne
  • Antoine ADENIS, PU-PH, HDR, médecine générale, Centre hospitalier Andrée Rosemon, Cayenne
  • Tom FLETCHER, Senior clinical officer, infectious diseases and tropical medicine, Liverpool School of Tropical Medicine
  • Rodolphe GOZLAN, HDR, Prof. & DR IRD ISEM, Université de Montpellier
  • Mathieu NACHER, PUPH, HDR, directeur CIC Inserm 1424, Centre hospitalier Andrée Rosemon, Cayenne

Entrée libre et gratuite selon les places disponibles et dans le respect des gestes barrières.