À quelques jours du One Planet Summit pour la biodiversité, l’IRD publie "Biodiversité au Sud – Recherches pour un monde durable", un ouvrage accessible à un large public et richement illustré, coordonné par un comité scientifique de plus de 40 chercheurs. Dans un monde aujourd’hui confronté aux changements climatiques et à des pandémies comme celle de la Covid-19, en lien avec la dégradation des milieux naturels, comment la recherche contribue-t-elle à la préservation de la nature ? Découvrez les enjeux majeurs de la préservation de la biodiversité à travers 25 exemples de recherches pluridisciplinaires menées par les chercheurs de l’IRD et leurs partenaires. 

Première de couverture de l'ouvrage "Biodiversité au Sud – Recherches pour un monde durable"

© IRD Éditions

Composé de textes courts et illustrés, cet ouvrage recense et synthétise quelques-unes des avancées et solutions les plus marquantes provenant des recherches sur la biodiversité, conduites dans une approche globale, éthique et durable.

L’ouvrage sensibilise aux grandes problématiques liées à l’érosion de la biodiversité : changements climatiques, maladies émergentes, exploitation des sols, déforestation, prolifération d’espèces invasives… Son contenu est organisé en quatre parties thématiques : les outils d’étude et d’observation, les enjeux de protection, les interactions avec la santé et les liens avec l’alimentation. 

« L’ensemble des exemples développés dans l’ouvrage montre à quel point la biodiversité ne peut plus être envisagée scientifiquement dans une vision disciplinaire et sectorielle, mais qu’elle doit au contraire être croisée avec les principales dynamiques, humaines et non humaines, qui déterminent les changements globaux et localisés auxquels nous faisons face aujourd’hui », rappelle Estienne Rodary, géographe de l’environnement et directeur du département Sociétés et mondialisation de l’IRD. 

 « De tous les grands enjeux environnementaux contemporains, la protection de la biodiversité est probablement l’une des problématiques les plus complexes, car elle associe des tendances globales à des contextes locaux et spécifiques », souligne, pour sa part, Valérie Verdier, PDG de l’IRD. « Nos chercheurs et partenaires appréhendent ces enjeux scientifiques de façon interdisciplinaire, grâce à la science de la durabilité. Nous porterons cette approche en 2021 lors des grands rendez-vous de l’agenda international du développement, notamment la COP15 en mai en Chine et le Congrès mondial de la Nature en septembre en France ».

Détection de poissons marins profonds par "deep learning", Nouvelle-Calédonie, Pacifique Sud.

© IRD - Laurent Vigliola

Partie 1 : De nouveaux outils pour étudier la biodiversité

Six exemples d’outils d’observation développés et déployés par l’IRD pour l’acquisition de données de masse dans les pays du Sud. Notamment :

  • « L’intelligence artificielle au secours de la biodiversité » : le deep learning pour la détection et la catégorisation d’animaux sur des images et vidéos terrestres ou sous-marines.
  • « La génétique pour identifier les capacités adaptatives des coraux » : disséminer le patrimoine génétique de coraux résistants au changement climatique pour accroître la résilience de milieux ayant subi d’importantes modifications environnementales.  
     

Exemple de filtre planté vertical pour l’épuration des eaux usées domestiques avec rejet direct à la rivière, France.

© IRD - D.Orange

Partie 2 : Protéger la biodiversité

Six exemples d’initiatives de protection d’espaces et d’espèces qui tiennent compte des interactions complexes entre dynamiques écologiques et sociales. Notamment : 

  • « Changer les eaux usées en engrais et embellir les villes » : des dispositifs de filtration autonome permettant la production d’engrais pour les espaces verts et le maraîchage urbain. 
  • « Des oiseaux et des touristes comme objets d’étude » : comment aider les gestionnaires locaux à concilier protection de la biodiversité, valorisation économique et durabilité de leurs projets écotouristiques.  
     

Ducs à aigrettes, Équateur.

© IRD - Olivier Dangles et François Nowicki

Partie 3 : Biodiversité et santé

La crise planétaire engendrée par la Covid-19 pose la question des liens entre la perte de la biodiversité et l’émergence de maladies infectieuses provenant des animaux, les zoonoses. Cette partie présente quatre exemples d’approches de protection de la nature capables de jouer un rôle de prévention dans l’apparition de ces maladies. Notamment :

  • « Une nature luxuriante protège des pandémies » : modélisation de systèmes et stratégies de conservation de la biodiversité.
  • « Sur la piste des maladies infectieuses » : évaluer la pathogénicité d’un organisme à travers son microbiote.  

Amélioration des variétés de riz au Vietnam.

© IRD - F. Carlet-Soulages

Partie 4 : La biodiversité pour se nourrir

Dix exemples d’études en faveur de systèmes alimentaires durables et adaptatifs. Notamment : 

  • « La pêche adaptative, c’est le Pérou ! » : des outils satellitaires qui adaptent le système de gestion des pêches.
  • « Le riz comme bien commun » : le séquençage des génomes de riz ou de mils permet l'identification des gènes susceptibles d’être sélectionnés pour s'adapter aux changements climatiques, résister aux maladies et ouvrir la voie à d’autres céréales pour l’alimentation de demain.

Référence : « Biodiversité au Sud - Recherches pour un monde durable » 
Tout public, format 19 x 25 cm, 72 pages, couleur, français et anglais.
ISBN : 978-2-7099-2850-2, 15 €.